Censorship - Censure - Blog censored in Tunisia - Blog censuré en Tunisie - مدوّنة محجوبة في تونس

Astrubal’s Blog

Une voix parmi tant d’autres

« Censuré pour censuré », désormais Nawaat bloque la police de l’internet

Qui presse “le bouton”, quelle administration et à partir de quels locaux sont exercés les blocages illégaux des sites internet en Tunisie ? Personne ne le sait !
Manifestement, depuis près de vingt ans, il s’agit de l’un des secrets les mieux gardés de Tunisie. Que cette censure soit exercée par un “fantôme hors la loi”, ne nous empêche pas de relever qu’il agit objectivement sous couvert du premier responsable du pays, c’est-à-dire le président de la République. Institutionnellement, il ne peut en être autrement. De par les pouvoirs que lui confère la Constitution tunisienne, le président est le responsable de cet internet illégalement cadenassé empoisonnant la vie des Tunisiens. Le président de la République peut affirmer ce qu’il veut, nos institutions, quand bien même malmenées, sont ainsi faites.

 
Cela étant précisé, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre les redirections d’URL, le « Decadent Packet Intrusion »(1) et le blocage des sites internet, la censure tunisienne ne cesse, en effet, d’empoisonner la vie de ses ressortissants (2). Et les blogs, tel Nawaat.org, qui protestent et dénoncent les violations des lois de la République finissent tous, un jour ou l’autre, sur la liste du censeur.
Qu’à cela ne tienne ! Aujourd’hui, nous allons nous offrir sur Nawaat.org le malin plaisir de rendre à la censure la monnaie de sa pièce.

 

I. D’abord un rappel succinct des procédés de blocage utilisés par la censure tunisienne.

 
L’observation des différents degrés de blocage pratiqué en Tunisie permet d’identifier quatre procédés mis en œuvre par la police tunisienne de l’internet. Ces quatre niveaux s’échelonnent du blocage partiel au blocage total (débordant même la sphère du nom de domaine du site bloqué). Et Nawaat.org fait partie de ceux frappés par le blocage le plus sévère.

 
Voici les différents procédés utilisés :

 
1 - Le blocage sélectif par URL, tel par exemple le cas de Wikipedia. En effet, plutôt que de bloquer la totalité de l’encyclopédie online, on bloque sélectivement les pages les plus embêtantes. C’est ce qu’il en est de la page française relative à la biographie de Ben Ali ou de celle relative à la pratique de la censure en Tunisie. Idem pour le site Google vidéo. Si la majorité des vidéos demeurent accessibles, quelques-unes, en revanche, sont bloquées. La vidéo relative aux déplacements douteux de l’avion présidentiel est bloquée. Celle portant sur l’impunité de la pratique de la torture en Tunisie, telle que décrite par l’avocate Radhia Nasraoui à l’université américaine Georgetown est inaccessible aux Tunisiens. Au passage, les deux vidéos ont été postées sur Google vidéo par nawaat.org.

 
2. - Au deuxième cran, le censeur tunisien passe au blocage du site en bannissant le nom de domaine et le sous-domaine qui lui est rattaché. C’est le procédé le plus couramment mis en œuvre, notamment pour sanctionner les blogueurs Tunisiens émettant des opinions déplaisantes tel le blog du journaliste tunisien Zied el Hani. Ce qui d’ailleurs provoque parfois un jeu d’usure entre les blogueurs et la censure par l’entremise de la création successive de nouveaux sous-domaines neutralisés, de sitôt, par la police de l’internet.

 
3. - Avec le cran au dessus, c’est le blocage total de la DNS, quel que soit le sous-domaine utilisé, c’est le cas de youtube.com, dailymotion.com, pdpinfo.org, tunisiawatch.com et de tant d’autres.

 
4.- En dernier lieu, on pratique, pour les plus récalcitrants, le blocage radical par DNS et par mot clé contenu dans l’URL. Ainsi est-il de Tunisnews.net ou de Nawaat.org. Avec cette dernière procédure, toute URL contenant la chaîne de caractères « nawaat », et quel que soit le nom de domaine, est systématiquement bloquée. La technique du mot clé au sein de l’URL cherche ainsi à bloquer la moindre bribe d’information qui pourrait s’afficher sur l’écran du Tunisien. Le blocage par mot clé « nawaat » fait aboutir toute recherche sur Google sur une page 404. Ce lien sur Google, par exemple, irrite les filtres de la censure. Tant qu’à faire, inutile de laisser apparaître sur les pages de résultat ne serait-ce que les titres des articles publiés sur notre blog. Par ailleurs, le mot-clé au niveau de l’URL bloque toute image en rapport avec nawaat, y compris lorsqu’elle est hébergée sur les serveurs de Google image. Cette procédure de filtrage engendre également le blocage de tous les autres supports du web social utilisés par Nawaat.org, dès lors que l’URL contient la chaîne « nawaat ». Ainsi, « twitter.com/nawaat », « blip.tv/nawaat », « flickr.com/photos/nawaat/ », « facebook.com/pages/wwwnawaatorg/186352466213 » ne risquent pas d’être vus en Tunisie. Pareillement, la chaîne de caractères “Tunisnews” produit les mêmes effets. A noter que le bocage par mot clé peut également contenir l’intégralité du domaine et sous-domaine bloqué. Il en est ainsi d’”advocacy.globalvoicesonline.org“. La même chaîne est bloquée aussi bien en tant que DNS qu’en tant que mot clé. Ce lien, portant sur une requête via google par exemple, est bloqué en Tunsie.

 

Nawaat-censure-par-mot-cle-image-google-small.png
En jaune, le cache des images de Nawaat bloqué sur les serveurs de Google.
Le mot clé « nawaat » au sein des URL des images bloque leurs chargements en Tunisie.
Cliquez pour agrandir


 
Outre le blocage de Nawaat.org, c’est toute la sphère de ses animateurs qui est également visée. Mon blog personnel, celui de mes amis de nawaat Malek et Sami Ben Gharbia ainsi que les autres sites collectifs que nous administrons (Yezzi.org, Cybversion.org) subissent aussi cette censure hors la loi.

 
Pourtant, apparemment « Ammar 404 » (nom communément donné au censeur tunisien par les internautes Tunisiens) a pris soin de ne pas bloquer toutes les IPs. En effet, tant sur Nawaat que sur nos autres blogs, des IPs tunisiennes, sans proxy, parviennent quand même à se connecter.

 

II.- Tant qu’à faire, autant leur « rendre la monnaie de leur pièce » !

 

Astrubal's Lite IP FIlter


 
Il y a 9 mois, j’ai développé un filtre PHP (Lite IP FIlter) destiné, entre autres, à isoler dans un log ad hoc toutes les IPs tunisiennes qui se connectent sur nos blogs (celui de nawaat.org, de Sami (kitab.nl) et le mien). Contrairement au log du serveur apache, ce script PHP détecte également les connexions derrière les proxies (proxies qui ne sont pas totalement opaques). Et le résultat est plus qu’éloquent : rien que sur nawaat.org, sur les neuf derniers mois, des milliers de connexions provenant de la Tunisie ont pu avoir lieu sans proxy.

 
Il convient, ici, de préciser la chose suivante : toutes les connexions provenant de la Tunisie et utilisant un proxy à la fois crypté et anonyme ne sont pas répertoriées. La provenance tunisienne de telles connexions est indétectable. Quant aux tentatives de connexion avec des proxies non cryptés, elle n’arrive tout simplement pas sur nawaat, puisque le filtre de la censure tunisienne bloque toute connexion avec le mot clé non crypté “nawaat“.

 
- Ainsi, qui peut bien se connecter sur Nawaat sans utiliser de proxy ?

 
- Comment peut-on contourner une procédure de blocage centralisée pour se connecter sur nawaat sans proxy (3) ?

 
- Comment peut-on contourner la censure sans un routage spécifique pour certaines classes/sous-classes IP ou sans un paramétrage spécifique d’exclusion de certaines IP  ?

 
Deux explications possibles : soit il s’agit d’un dysfonctionnement de la police de l’internet, soit c’est la police de l’internet, elle-même, qui s’est réservée une marge de manœuvre pour venir « s’informer » sur Nawaat.

 
S’agissant de l’hypothèse du dysfonctionnement, cela me semble hautement improbable, tant la procédure de blocage est, dans son principe, d’une simplicité enfantine quel que soit le firewall utilisé.

 
Du reste, et pour l’exemple, chaque abonné à l’ADSL dispose d’outils analogues à ceux de la censure pour procéder à des blocages. Outils, certes, calibrés pour son routeur domestique, néanmoins avec le même principe de fonctionnement, quel que soit le degré de sophistication de son firewall. En somme, ajouter une ligne à la base de données d’une “usine à gaz” à censure ou le faire sur le routeur ADSL, la procédure est quasi similaire.

 

 

router-url-blocking.png
Blocage d’URL via le routeur de monsieur “tout le monde”

 

 
L’hypothèse d’un dysfonctionnement étant à écarter, tant cela parait aberrant, il ne reste plus qu’à envisager qu’il s’agisse de la police de l’internet et assimilé (4) qui nous rendent visite fréquemment. Dès lors, « censuré pour censuré », autant bloquer sur Nawaat la police de l’internet, en bloquant l’intégralité des IPs qui se connectent, à partir de la Tunisie, sans proxies.

 
En censurant nos blogs, sans doute que le censeur Tunisien réussit à bloquer une partie de nos lecteurs. Pour d’autres, en revanche, il ne fait qu’empoisonner leurs vies en les forçant à passer par des proxies. Alors, pourquoi ne pas faire subir à ce censeur ce qu’il fait subir aux autres Tunisiens ? En d’autres termes, à partir d’aujourd’hui, lui aussi devra passer par un proxy s’il désire accéder au blog de Nawaat, et il faudrait qu’il se trouve un proxy qu’il n’a pas lui-même bloqué. Il est important de signaler ici que ce blocage ne change strictement rien pour nos visiteurs qui passent déjà par des proxies pour nous lire.

 

animated-IP-filter.gif

 
Avec le script « Lite IP Filter », le même que j’utilise sur mon blog et sur les blogs gérés par nawaat.org, tous les censurés du monde -hébergeant eux-mêmes leurs blogs- peuvent faire de même, en bloquant la police de l’internet de leurs pays. Et pour rendre encore l’utilisation de « Lite IP Filter » plus aisée, Nawaat.org met également à disposition un utilitaire que j’ai développé, « IP Range Tool », permettant, en deux clics, d’extraire les plages IP à filtrer de n’importe quel pays pour les inclure par simple copier-coller. « IP Range Tool » est un utilitaire Mac, Windows et Linux de gestion des plages IP incluant la base de données IP mondiale (pour plus de détails sur le fonctionnement de « Lite IP Filter » et d’ « IP Range Tool » ainsi que pour les liens de téléchargement, voir sur ce lien).

 

ipRangeTool-Small.png
Ip Range Tool, pour obtenir instantanément les IPs de tout pays.


 
Alors si vous êtes Chinois, Syrien, Libyen, Saoudien, Birman, Tunisien, Iranien, etc., et que votre blog fait partie de ceux qui ont été “honorés” par la censure de votre pays, n’hésitez pas, à votre tour, à leur barrer l’accès à votre site. A noter que l’installation de « Lite IP Filter » peut se faire uniquement pour contrôler étroitement certaines plages IP sans nécessairement activer l’option de blocage.

 
En tout cas, dès aujourd’hui, sur Nawaat.org, mon blog et prochainement sur le nouveau blog de Sami (5), la police tunisienne de l’internet est bloquée, sauf à passer par un proxy qu’elle n’a pas elle-même bloqué. Sans proxy, c’est une page avec l’image suivante qui s’affichera ; y compris lorsque c’est le président de la République qui se connecte sur Nawaat. S’il veut nous lire à partir d’une connexion ADSL banalisée, qu’il fasse comme ses compatriotes : trouver un proxy crypté.

 

forbidden-image-article.jpg

Le barbelé… c’est le même que nous envoie “Ammar 404″ en verrouillant le net tunisien.


 
Si un de nos lecteurs « légitimes », par un aberrant dysfonctionnement de la censure, a pu jusqu’à présent passer à travers les mailles du filet des censeurs Tunisiens, qu’à cela ne tienne, qu’il nous contacte, et on fera le nécessaire pour qu’il continue à nous lire comme il l’a toujours fait.

 
Astrubal, le 26 février 2010
http://astrubal.nawaat.org/
www.nawaat.org
astrubal@gmail.com
contact@nawaat.org

 
P.-S. Pour des raisons indépendantes de ma volonté, il se pourrait que je tarde à répondre à d’éventuels commentaires. Pardon et merci pour la compréhension.

 

 




(1) - L’expression « Decadent Packet Intrusion » (intrusion décadente à nos paquets IP) est ici utilisée en lieu et place de « Deep Packet Inspection » pour laquelle j’éprouve de nombreuses réserves. J’aurai l’occasion prochainement de m’exprimer sur ce même sujet.

 
(2) - Difficile de supporter en effet tous ces liens en complément d’information proposés sur des millions de sites et pointant sur une fausse page 404. Les documents vidéo sur Youtube pour ne citer que celui-là, telles les conférences, colloques, documents scientifiques, informatifs, culturels, etc. sont interdits aux Tunisiens. Le site au milliard de vidéos téléchargées quotidiennement demeure désespérément clos. Certes, pour les plus téméraires et les plus patients, des proxies existent. Mais essayez de regarder via un proxy une conférence de 50 minutes que vous êtes tenu de voir pour des raisons professionnelles … ! Dès la 1 minute, vous allez vous mettre à maudire le « grand ordonnateur » de ce blocage hors la loi, d’une façon inversement proportionnelle au débit du téléchargement de la vidéo.

 
Pour un récapitulatif sur la censure en Tunisie, voir notamment l’excellente synthèse de Sami Ben Gharbia « Silencing online speech in Tunisia » sur Nawaat ou sur Global Voices Advocacy. Pour la version française, voir sur ce lien.

 
Pour une description de ce que certains Tunisiens subissent en matière de violation de leurs boîtes mail, voir la très pertinente enquête de Malek Khadhraoui « Tunisie : Operation main basse sur les emails ». A ce jour, tout rapport d’ONG confondu, il s’agit de l’article le plus documenté relatif au détournement des mails des citoyens Tunisiens (témoignages et copies d’écran à l’appui). Voir sur le blog de Malek ou sur Nawaat.org

 
(3) - La sévérité du procédé utilisé pour bloquer Nawaat.org tend manifestement à indiquer que ce type de blocage relève d’un processus centralisé.

 
(4) - Par “assimilé”, j’entends services de renseignement, hauts fonctionnaires bénéficiant d’un routage internet spécifique, cabinet présidentiel également (car je doute fort qu’avec la paranoïa de Ben Ali, celui-ci ait une liaison internet empruntant le même “trajet” que les autres services gouvernementaux).

 
(5) - Depuis peu, à force de censure et de hacking, l’ami Sami Ben Gharbia est un « SDF » des blogs. Lassé par autant d’attaques, il est temporairement sur une solution d’hébergement sans accès FTP.

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February 26th, 2010 Posted by astrubal | Permalink | Médias et nouvelles technologies, Média | no comments

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Deux outils pour les webmasters censurés, notamment pour bloquer la police de l’internet



  • Lite IP Filter  :   un script php de filtrage d’IP.

  • IP Range Tool  : un utilitaire Mac, Windows et Linux de gestion des plages IP
                                   incluant la base de données IP mondiale (en offline).

Voir plus bas pour les liens de téléchargement

- A quoi sert “Lite IP Filter” ?

“Lite IP Filter” est un script php qui permet de monitorer, voire de bloquer des plages entières d’IP, sans le recours à un serveur de base de données. Le script permet également de détecter les IP derrière un proxy, pour peu que ledit proxy ne soit pas totalement opaque.

- Pourquoi “Lite IP Filter” ?

De nombreux cas de figure peuvent nécessiter l’utilisation de “Lite IP Filter”, notamment :

- Si on est mal à l’aise avec le fichier .htaccess (ou ne pas y avoir accès du tout), “Lite IP Filter” permet de bloquer les plages IP des spammeurs et de ceux qui, de façon répétitive, abusent du blog.

- On peut avoir un blog, mais ne pas avoir accès au log du serveur web, dans ce cas, on peut utiliser “Lite IP Filter” pour loguer toutes les visites en résumant l’internet à une seule plage IP “0.0.0.0 255.255.255.255″. Dans ce cas de figure, il ne faut pas -évidemment- activer les options de blocage d’accès.

- On peut également, pour des raisons tout à fait légitimes, bloquer l’accès au blog à l’ensemble d’un ou plusieurs pays. Et ce script a été précisément développé pour bloquer l’accès à mon blog (astrubal.nawaat.org), celui de mon ami Sami Ben Gharbia et ceux de Nawaat.org à la police tunisienne de l’internet. Ces blogs étant censurés en Tunisie, les seules IP qui y accèdent sont en théorie celles des bureaucrates de la censure. Alors “censurés pour censurés” en Tunisie, autant bloquer l’accès à toutes les IP tunisiennes qui se connectent sans proxy. Alors si vous êtes Chinois, Syrien, Libyen Saoudien, Birman, Tunisien etc., et que votre blog fait partie de ceux qui ont été “honorés” par la censure de votre pays, n’hésitez pas, à votre tour, à leur bloquer l’accès à votre site (pour plus de détails sur la logique de ce blocage, voir cet article sur nawaat.org). Et c’est d’autant plus facile avec le second utilitaire IP Range Tool qui permet, en deux clics, d’extraire les plages IP à filtrer de n’importe quel pays pour les inclure dans Lite IP Filter (cf. infra).

animated-IP-filter.gif

- Installation du script

Après téléchargement de “Lite-ip-filter_1.0.zip”, décompressez puis uploadez le dossier “Lite-ip-filter” à la racine de votre dossier web (ne pas confondre avec la racine de votre compte chez l’hébergeur).

Si, chez l’hébergeur, la racine du dossier web est 

“/home/subfolder/WhatEver/www/MonDomaine.org/”

alors le dossier “Lite-ip-filter” devrait être placé dans le dossier “MonDomaine.org“.

Et quand bien même votre blog pourrait être servi à partir d’un sous-dossier de la racine web, tel par exemple :

http://www.MonDomaine.org/monblog/index.php“,

le dossier “Lite-ip-filter” devra toujours être placé à la racine web, c’est-à-dire, comme indiqué, dans le dossier “MonDomaine.org“.

Pour éviter que les fichiers log “ip-filter-log.txt” et “RawReq-log.txt” ne soient accessibles via un navigateur web, il est impératif de leur attribuer un chmod de “600″.

Ensuite, pour activer le filtrage, insérez tout en haut de la page de chargement du blog les deux lignes suivantes (juste après le “<?php”) :


$IpfilterPathfile=$_SERVER[’DOCUMENT_ROOT’].”/Lite-ip-filter/Lite-ip-filter.php”;
if (file_exists($IpfilterPathfile)){require_once($IpfilterPathfile);}

Pour l’exemple, si votre blog est sous WordPress, insérez les deux lignes en haut du fichier “wp-blog-header.php” (ce fichier contient le module commun de chargement). Les deux lignes doivent être impérativement les premières (après le “<?php”). A noter qu’après chaque mise à jour de WordPress, ces deux lignes doivent être réinsérées (et ce en attendant la création d’un plugin spécialement dédié).

Si votre site est géré par un autre CMS n’ayant pas un module commun de chargement, il faudra alors insérer les deux lignes sur chaque template php (index.php, article.php, rubrique.php, printer.php, etc.).

- Paramétrage des options du script

Les options sont configurable au sein du fichier “Lite-ip-filter.php“ :

1- Par defaut “Lite-ip-filter.php” ne bloque aucun visiteur, il logue uniquement les iPs contenues dans les plages IP. Le format du log est le suivant :

    IP visiteur => IP Proxy => Date => Page demandée => Provenance => Navigateur

Pour bloquer l’accès au site, modifiez l’option $DenyIpAccess en lui attribuant la valeur “true“.

2- Pour gérer les connexions derrière les proxies, gardez l’option $DetectBehindProxy avec sa valeur “true“. Inversement, avec “false” les IP derrière les proxies ne seront pas detectées.

3- Si l’option $DenyIpAccessBehindProxy=true; alors les IP derrière les proxies (collant aux plages IP) seront rejetées.

4- L’option $ExtendedLog génère un log supplémentaire (RawReq-log.txt) avec davantage d’informations sur la provenance du visiteur. Pour activer cette option, attribuez-lui la valeur “true“.

- Comment paramétrer la liste des IP à filtrer ?

Les IP sont insérées sous forme de plages IP au format décimal au sein de la variable de type array $DecimalIpRanges. Le format de l’array doit respecter ces deux conditions:

1- Les deux valeurs de chaque plage IP (au format décimal) doivent être séparées par un seul espace. Le script ayant été écrit pour une exécution la plus rapide possible, il fait l’impasse sur la vérification d’un défaut de formatage. Cette vérification est censée avoir été faite par l’utilisateur lors de l’insertion des plages IP.
2- Les plages IP doivent être classées par ordre croissant.


Exemple (cf. illustrations plus bas) :

$DecimalIpRanges= array(
“702545920 703070207″, // 41.224.0.0 41.231.255.255
“1347754952 1347754959″, // 80.85.27.200 80.85.27.207
“1361036248 1361036251″, // 81.31.195.216 81.31.195.219
);

Le code de “Lite IP Filter” a été conçu pour une exécution très rapide, y compris pour filtrer des milliers de plages IP (soit potentiellement des centaines de millions d’IP) sans le recours à une base de données. Aussi, est-il capital que l’array $DecimalIpRanges soit préalablement trié par ordre croissant.

- Où trouver les IPs à filtrer et comment les formater correctement ?

Pour faciliter l’usage de “Lite IP Filter”, j’ai également développé un utilitaire baptisé “IP Range Tool” (Mac, Windows et Linux) contenant la base de données de l’intégralité des IP assignées par les 5 organismes officiels (Afrinic, Apnic, Arin, Iana, Lacnic, Ripencc), soit tout l’internet en IPv4.

IP Range Tool permet d’obtenir les plages IP de tout pays par simple clic, y compris dans leur format décimal, triées par ordre croissant et prêtes à être insérées dans le script php. Au-delà des besoins de “Lite IP Filter”, le logiciel “IP Range Tool” permet également des choses bien sympathiques telles que, entre autres, la création de listes de plages IP au format CIDR (slashé) destinées plutôt à un usage au sein du fichier .htaccess, tout comme une présentation synthétique de l’état de l’internet mondial par tête d’habitant et par pays.


IP Range Tool main window
Lancez le logiciel IP Range Tool, puis faites en sorte que
la case à cocher “Disable decimal conversion” soit décochée.
Cliquez ensuite sur le pays de votre choix… Pour l’illustration, on va choisir la Tunisie.





IP Range Tool getting country IP
Copiez les plages IP au format décimal qui apparaissent à droite.
(Pour copier, utilisez le bouton droit de la souris ou, alternativement,
le bouton en haut à droite “Copy all converted IPs“).


Allez ensuite sur le script Lite-ip-filter.php et collez le résultat entre

les deux parenthèses “( )” de l’array $DecimalIpRanges.

Le logiciel “IP Range Tool” permet, par ailleurs, de dresser une liste de plages IP de plusieurs pays à la fois, tout comme de convertir des plages de différents formats insérées par l’utilisateur.

IP Range Tool Search by ISO Code
Pour obtenir une liste de plages IP de différents pays, utilisez le menu Tool>Search by ISO Code…
Puis saisir les codes ISO des pays désirés.

IP Range Tool Batch converter

Accessoirement, pour convertir des listes de plages de différents formats, cliquez sur le menu “Tool>Batch converter…”

Une nouvelle fenêtre s’ouvrira, offrant le moyen de convertir les plages IP selon le format désiré.




IP Range Tool Single converter

Pour gérer individuellement des conversions, n’hésitez pas à cliquer sur le menu “Tool>Single converter…”


LiteIpFilterDownload.jpg

1 - Pour télécharger “Lite IP Filter” (le script php de filtrage d’IP) : Lite-ip-filter_1.0.zip (zip).

IP-rangetool-download.jpg

2 - Pour télécharger “IP Range Tool“, l’utilitaire Mac Windows et Linux de gestion des plages IP :


IP Range Tool 1.0 Windows (2000/XP/VISTA/7) (zip)

IP Range Tool 1.0 Mac OS X (universal pour 10.4+) (zip)

IP Range Tool 1.0 Linux (x86-based avec GTK+ 2.8+ glibc-2.4,libstdc++.so.6, CUPS) (zip)

S’agissant du logiciel IP Range Tool, après téléchargement, aucune installation n’est à faire… juste dézipper puis lancer IP Range Tool 1.0.exe sur Windows/Linux et IP Range Tool.app sur Mac.

Le cas échéant, pour virer le logiciel, il suffit de glisser le dossier de l’application dans la corbeille.

Astrubal, le 26 février 2010

http://astrubal.nawaat.org/

www.nawaat.org

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February 26th, 2010 Posted by astrubal | Permalink | Médias et nouvelles technologies, Média | no comments

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“L’art qui ne soulève pas de polémique demeure sans saveur”

 
Lu aujourd’hui sur les colonnes du Temps un article de Hachemi GHACHEM sous le titre “Les arts plastiques s’emmêlent les pinceaux”. En voici un un extrait :

[…] Après la disparition récente de l’un de leur dernier représentant, (Zoubeïr Turki), les peintres de l’Ecole de Tunis, demeurent les plus cotés sur un marché plutôt cloisonné. Car, il ne faut pas nous leurrer : aucun peintre, à mes connaissances ne dépasse les frontières du pays.

Pourquoi cette mainmise de l’Ecole de Tunis sur le marché de l’art tunisien et pourquoi notre peinture reste-t-elle confinée à l’intérieur de nos frontières ?

Malgré l’absence de lien apparent entre ces deux questions, leurs origines sont, en profondeur, les mêmes.
L’Ecole de Tunis s’est imposée par sa prise en main du pouvoir politique de l’époque et s’est rapidement érigée en rempart contre toute forme d’expression « étrangère » ou toute tentative d’insertion qui pouvait nuire à son image et à sa propre perception de l’avenir artistique et culturel du pays.

Cette honorable institution avait pour mission de doter le jeune Etat tunisien de ce qui lui faisait atrocement défaut pour la construction de son identité : un éventail ou une « banque » d’images.
Tâche énorme ; les gains aussi !

 Le résultat, même s’il peut soulever des fois une légère polémique, est loin de pouvoir casser des briques.
Attention, il y eut parmi les membres de cette école, des artistes remarquables mais la démarche, l’approche et le traitement frisent généralement le folklorique ou alors nous avons un produit platement touristique.

Au fil du temps, l’Ecole de Tunis s’avéra ne plus être une institution au service de l’administration de la culture mais elle se métamorphose elle-même, en un pan inébranlable de cette administration.

C’est ce qui explique sûrement la durée de l’Ecole de Tunis dans le temps et par la même explication le peu d’intérêt que le marché de l’Art européen (par exemple), porte à ses œuvres parce que dans les pays du nord, la peinture, la poésie etc…, se font en dehors, des pesanteurs administratives et institutionnelles.

Alors les images d’une Tunisie où les femmes n’ont rien d’autre à faire tout au long de leurs journées, que de se maquiller les yeux au « khol », se larguer au hammam, se « tatouer » au harkous, etc… ne peut intéresser (et encore !) que les gens du pays. Aucune réelle problématique ne peut être soulevée par ces images, édulcorées et l’art qui ne soulève pas de polémique demeure sans saveur […]

Source : http://www.letemps.com.tn/pop_article.php?ID_art=35374

 

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November 11th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Tunisie, Média | no comments

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Du nouveau à propos de Fatma Arabicca…(ce soir 6/11 sur ElJazeera à 22h)

Selon la déclaration de l’avocate de Fatma Arabicca faite à l’instant (ce soir 6/11 sur ElJazeera à 22h), aucune charge n’est encore retenue contre sa cliente, bien que la blogueuse demeure toujours écrouée.

Et, curieusement, face à l’absence de charge, l’avocate semble manquer de punch pour exiger la libération immédiate de sa cliente.

Astrubal
http://astrubal.nawaat.org

 
M-A-J : Leyla Ben Debba avocate de Fatma Riahi alias Fatma Arabicca a annoncé la libération de la blogueuse le 8 novembre au matin.

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November 6th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Médias et nouvelles technologies, Tunisie, Média | 3 comments

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  1. Qui est Jacques Doucinaud
    J’ai pris la peine d’aller vérifier qui est ce Jacques Doucinaud, dont la lettre a été exhibée par La Presse, comme un trophée et une preuve irréfutable du soutien international à la politique de Ben Ali.
    L’homme existe. Un ancien ouvrier à la retraite, qui a fini sa carrière comme carrossier chez Renault. Il habite à Houilles(78) et ses coordonnées sont aisément accessibles sur les pages jaunes de l’annuaire en ligne.
    Bien que manifestement dérangé, obsédé par la théorie du complot, l’homme ne semble pas de mauvaise foi.
    Mais il est difficile de retenir quelque chose de son interminable logorrhée et une argumentation décousue pour défendre la chose et son contraire. Il semble animé, d’une haine obsessionnelle à l’égard des journalistes qui passent leur temps à faire gober à leur public les choses les plus invraisemblables ; les OGM, la pédophilie, le trafic d’organes, le tourisme sexuel, toutes choses inventées pour faire vendre. Il y’a aussi la Tunisie où il s’était rendu une fois et a beaucoup apprécié l’objectivité des journalistes de La Presse (sic) qui ne disent que la vérité.
    Et il a même appris, en lisant ce journal, des choses fortes instructives sur la France. On se demande quoi d’ailleurs, puisque le journal ne fait, à 99,99% (ça vous rappelle quelque chose) que reproduire les dépêches de l’AFP. Pour le reste il ne connait pas exactement le nom du président tunisien, ne sait pas qu’il ya des journalistes emprisonnés, ni même qu’il ya eu des élections.
    Voila ce que va chercher La Presse de Tunisie

    Comment by Mahdi | November 8, 2009

  2. Bonjour Mehdi et merci pour tes précisions … très instructives quant à la bêtise du journal en question.

    Comment by astrubal | November 11, 2009

  3. ce qui est etonnant cest que les tunisiens narretent pas dacheter et de lire ses journaux de merde ce sont des menteurs et kawada LA PRESSE ASSABAH ACHOUROUK ASSARIH IL FAUT LES BOYCOTER tunisiens REVEILLEZ VOUS depenser votre argent ailleur

    Comment by faouzia | December 6, 2009

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Tunisie : En détention depuis 3 jours, la blogueuse tunisienne, Fatma Arabicca, risque 3 ans de prison pour ses activités sur Internet

 


image : http://freearabicca.wordpress.com/

 

La blogueuse tunisienne et professeur de théâtre, Fatma Riahi (34 ans), plus connue en ligne sous le pseudonyme “Arabicca” est en ce moment détenue au poste de police d’El Gorjani depuis le mercredi 4 novembre 2009.

« Elle est soupçonnée d’être la personne qui se cache derrière le blogueur caricaturiste anonyme,Z, du blog Débat Tunisie et fait face à des accusations de diffamation passibles de poursuites pénales pour lesquelles elle risquerait jusqu’à trois ans de prison » nous a confirmé un membre du groupe de soutien de la blogueuse.

Fatma Rihani a d’abord été convoquée à comparaître, le 2 novembre, devant la brigade criminelle pour être interrogée sur ses activités sur internet. Après plusieurs heures d’interrogatoire elle a été relâchée, le soir même, vers 22h.

La blogueuse à été convoquée de nouveau le lendemain pour être accompagnée de trois officiers de polices à son domicile situé à Monastir, une ville côtière à 160 km de la capitale, dans le but de trouver des éléments étayant leurs accusations. Les policiers sont repartis en confisquant son ordinateur.

Une nouvelle perquisition le mercredi 4 novembre permet aux agents de la brigade criminelle de mettre la main sur ses mots de passe et ainsi accéder à son compte Facebook. Ramener dans les locaux de la brigade, elle n’en est plus ressortie depuis.

Selon Global Voices Advocacy « Arabicca s’est vue refuser de rencontrer son avocat, maître Laila Ben Debba, qui n’a pu lui parler que quelques minutes. » Fatma Rihani a entamé aujourd’hui son 3 jours de garde à vue.

A noter que sur le blog Débat Tunisie, que les policiers soupçonnent Arabicca d’animer, une nouvelle caricature a été publié, aujourd’hui 6 novembre, sous le titre “Jacques Doucinaud sauve la Tunisie” en réponse à un article paru dans le quotidien Tunisien, La Presse, le même jour. Chose qu’Arabicca ne pouvait pas faire si elle était réellement derrière ce blog.

Fatma écrivait sur son blog, Fatma Arabicca, qu’elle a supprimé trois jours avant son arrestation. Des blogueurs tunisiens ont depuis lancé le blog Free Arabicca, ainsi qu’une en réaction à cette arrestation et appellent à mener une campagne pour sa libération.

www.nawaat.org

post publié sur Nawaat.org sur ce lien.

 

PS: Pour apporter votre soutien à Arabicca, visitez SVP le blog http://freearabicca.wordpress.com/

 

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November 6th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Tunisie, Média | no comments

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Il faudrait peut-être arrêter l’hypocrisie et demander des comptes à qui de droit

En parcourant cet après-midi Tunisnews (n°3284 du 21 mai 2009), je tombe encore sur un de ces articles débordant d’hypocrisie et de mauvaise foi. Le genre d’articles qui reprennent à satiété les tartines du discours officiel tout en faisant mine de pointer les insuffisances du paysage médiatique tunisien :


إن الخطاب الرسمي يحث على أن يذهب الإعلاميون في كتاباتهم إلى أبعد مما هو موجود، وهي دعوة صريحة إلى القطع مع الخوف، وإلى الثقة بالنفس وبقدرة البلاد على أن تُقدم النموذج في الإعلام مثل ما قدمته في الاستقرار السياسي وجودة الحياة وحسن التصرف في المال العام وغيرها.

C’est ce que Mokhtar Dabbabi nous rappelle encore une fois dans son dernier article. En somme, comme si le chef de l’exécutif tunisien, répétant la même litanie depuis plus 10 ans, n’a aucune emprise sur le paysage médiatique de son pays et encore moins sur la chaine nationale Canal 7 ou la TAP … et dont l’indigence du vocabulaire est unique au monde.

 

Outre La Presse, cliquez ici pour afficher l’indigence du vocabulaire de la TAP également


 

 

Tunisie média liberté de la presse
Une illustration de quelques “Unes” d’aujourd’hui…
évidemment le président de la République n’y est pour rien… totalement irresponsable !


 

Que le chef de l’Etat Tunisien - comme dans certains pays démocratiques - n’ait aucune emprise sur des semblants de quotidiens « indépendants » tels Essahafa, Echourouk, et La Presse de Tunisie, je suis disposé à faire semblant d’avaler cette couleuvre. En revanche, si le journaliste Dabbabi, lui, peut songer un instant que c’est également le cas de la TAP, de Canal 7 et du quotidien le Renouveau (organe du RCD), alors pourquoi ne demande-t-il pas carrément la démission du président de la République qui ne préside plus rien du tout ?

Que le chef de l’Etat ne soit pas en mesure d’empêcher Mouldi M’barek d’écrire des âneries (1), qu’il fasse en sorte alors (lui le président du RCD) d’ouvrir largement les colonnes du Renouveau, entre autres, aux rapports de la Cour des comptes balayant lesdites âneries du scribouillard de « La Presse »(2), qu’il initie une réforme en profondeur de la TAP, qu’il ordonne une enquête sur les manquements déontologiques de la même TAP et de Canal 7.

Je ne demande pas à Dabbabi de partager l’opinion que je me fais sur la crédibilité des discours du chef de l’exécutif en matière de liberté de l’information. En revanche je l’invite à arrêter l’hypocrisie pour demander des comptes à qui de droit. Et si en matière d’information, « les employés » journalistes sont toujours aussi mauvais, c’est que peut-être leur employeur y est pour quelque chose.

 
Astrubal, le 22 mai 2009
http://astrubal.nawaat.org
www.nawaat.org




 
(1) - Du genre de cette dernière perle de Mouldi M’barek :

“la Tunisie [… ] occupe, actuellement, une place de choix sur la scène mondiale où elle joue un rôle de premier plan dans la révolution numérique que notre pays a merveilleusement maîtrisée et administrée […] pour en être, aujourd’hui, acteur à part entière, voire pionnier, pour apporter des solutions pratiques et justes aux évolutions futures de la gouvernance mondiale de l’Internet […]”

(2) - Voilà comment ce qui est qualifié de «merveilleusement maitrisée et administrée» est décrit par la Cour des comptes au travers de l’ATI :

2- Rôle de l’Agence [tunisienne d’internet ATI] en tant qu’opérateur public

L’Agence n’a pas conclu de conventions avec certains fournisseurs de services et n’a pas procédé à la mise à jour des conventions établies avec d’autres.

En outre, le contrôle exercé par l’Agence sur les fournisseurs de services internet se limite à un suivi à distance sans s’assurer de la qualité du service rendu. Ce type de contrôle n’étant assuré par aucun intervenant au niveau du secteur, le Ministère de tutelle est appelé à mieux définir le rôle de chacun des intervenants.

Il est apparu, par ailleurs, que les catégories de services à valeur ajoutée de type internet obtenues par les fournisseurs dans le cadre des autorisations d’exploitation qui leur ont été accordées ne reflètent plus la réalité du secteur de l’internet. Cette situation ne permet pas d’assurer la fourniture d’un service compatible avec le nombre d’accès utilisés et avec la qualité requise.

Concernant la gestion des « domaines internet », il a été constaté l’absence d’un répertoire des sites tunisiens malgré l’accroissement de leur nombre qui a atteint 3964 sites en avril 2007.

3- Rôle de l’Agence tunisienne d’internet dans le développement du secteur

Le projet confié à l’Agence depuis 6 ans pour le développement de la production et de la promotion des sites nationaux sur le réseau internet, n’a pas été concrétisé. En outre, le Programme d’encouragement à la production de contenus, n’a pas connu la réussite escomptée et n’a fait l’objet d’aucun rapport d’évaluation.

4- Les perspectives de l’Agence

L’arrêté du Ministre des communications du 22 mars 1997 a désigné l’Agence tunisienne d’internet comme opérateur public pour les services à valeur ajoutée des télécommunications de type internet sans définir expressément le terme « opérateur public ». L’ATI a été chargée, dans ce cadre, d’accomplir des missions incompatibles avec sa forme juridique.

En outre, l’autorisation accordée à l’ATI pour l’exploitation du nœud d’accès au réseau international d’internet est sans assise juridique depuis 2001. [NDLR : en somme, c’est, entre autres, l’une des merveilles de l’administration de l’internet en Tunisie selon M’brarek].

D’une façon générale, considérant le statut actuel de l’ATI, la redéfinition de ses attributions et le fait qu’elle n’est plus considérée comme entreprise publique suite à la cession par l’Etat d’une partie du capital de Tunisie Telecom, la Cour recommande de repenser la forme juridique de l’Agence et d’adopter celle qui correspond le mieux à la mission qui lui est assignée et de définir clairement ses relations avec tous les intervenants dans le secteur de l’internet.

Source : Cour des comptes, Résumé du vingt troisième rapport annuel, pages 33 et 34.

 






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May 23rd, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Médias et nouvelles technologies, Tunisie, Média | one comment

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  1. Vous le savez peut être : votre blog est suivi par @Tunisphere :)

    Comment by @Tunisphere | July 8, 2009

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Tunisie : Un membre du Comité central du RCD, Mohamed Sakher El Matri, acquiert une villa au Canada pour 2 550 000 $ canadiens

En suivant l’URL publiée par Omar K, on découvre un PDF d’un journal local canadien mentionnant le nom d’un certain « Sakher Mohamed El-Matri », acquéreur d’une villa sise au 70 place du Belvédère à Montréal. Le quartier est aussi cossu que le montant de la transaction, soit 2 550 000 dollars canadiens.

 


La liste des transactions immobilières publiée par le Westmount Independent mentionnant Mohamed Sakher El Matri
La liste des transactions immobilières publiée par le “Westmount Independent


 

 



Vue de la villa par Google Earth


 

Et bien sûr, honni soit qui mal y pense…, et ce, en attendant que Bahloul, la TAP, M’Barek et la Presse de Tunisie félicitent notre compatriote pour sa démarche conquérante au niveau du marché immobilier international.

Et il est probable d’ailleurs que le même Bahloul, si professionnel qu’il est, profiterait de l’occasion pour apporter à ses lecteurs (surtout entrepreneurs parmi eux) quelques infos supplémentaires concernant les procédures légales relatives aux transferts de fonds vers l’étranger. Et qui sait, peut-être auraient-ils droit à quelques fac-similés des formulaires de la banque centrale de Tunisie en rapport avec de telles transactions.

D’ici là, que toutes les mauvaises langues, les jaloux et les vils colporteurs de ragots s’abstiennent de distiller leur fiel. Et comme le répète souvent notre Mouldi M’barek national « oui à la liberté d’expression, mais dans le strict respect de la loi pardi ! » Donc, inutile de faire le rapace en sautant sur l’occasion pour remettre une fois de plus sur la place publique la question de la Déclaration du patrimoine. Tous les Tunisiens étant égaux devant la loi, il n’y a pas de raison pour soumettre tel ou tel Tunisien en particulier à des obligations exorbitantes, fût-il Sakher El Matri, un ministre ou un président de la République. Du reste, la tâche échue à notre administration fiscale suffit amplement à effectuer les contrôles nécessaires. Et pour ceux qui auraient des doutes, Me. Maatar, entre autres, pourrait en témoigner !

Astrubal, le 8 mai 2009
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May 8th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Tunisie, Média, Partis politiques | 2 comments

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  1. […] Houeida  May 13, 2009 Vient d’apprendre que Sakher Materi est, depuis 2008, proprio à Westmount le quartier huppé de Montréal http://astrubal.nawaat.org/2009/05/08/tu… […]

    Pingback by Vient d’apprendre que Sakher Materi est, depuis 2008, proprio à Westmount le quartier huppé de Montréal astrubal.nawaat.org - Twitoaster | May 21, 2009

  2. Bonjour,
    Je ne connais pas Monsieur Materi, Mais Il me semble savoir qu’il est un homme d’affaires important dans le paysage tunisien.
    Il me paraît tout à fait normal et presque anodin qu’il procède à quelques acquisitions aussi bien au Canada que dans d’autres pays.
    Il m’arrive d’entreprendre quelques actions d’ordre financier au delà des frontières de mon pays et je ne pense pas de ce fait enfreindre la loi.
    il s’agit d’investissements privés. et celà relève de libre entreprise.
    Je suis surpris de tout le tapage fait autour de cette acquisition.

    Cordialement

    Comment by Manoubi Ben Hassen | August 8, 2009

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Tunisie Internet : 41.231.0.0, une classe B dédiée aux usagers ADSL sous surveillance ?

Parmi les blocs IP attribués à la Tunisie, il y a la plage 41.224.0.0/13. Soit (et sauf erreur de notre part), 8 blocs de classe B, qui s’étalent du 41.224.0.0 au 41.231.0.0. Avec pour chaque bloc 65 536 IP possibles.

Or, il semblerait selon un article de Ezzeddine El Ahmadi, (عز الدين الأحمدي) que la classe IP 41.231.0.0 serait une classe spécialement dédiée pour être « routée » selon les besoins non pas de l’utilisateur, mais ceux de la police de l’internet !

L’auteur de la révélation n’apporte pas dans son article d’éléments techniques probants, mais promet de publier ultérieurement une enquête sur cette classe IP des «maghdhoubina ‘alaihom».

A suivre donc…

Astrubal, le 5 mai 2009
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www.nawaat.org

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May 5th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Médias et nouvelles technologies, Tunisie, Média | one comment

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  1. controle ou non cest pareil grace aux PROXIE il ne peuvent plus rien il viendra un jour ou ils regretteront messieux les chauffeurs de la 404 bachee cest demode grace au progre de linformatique

    Comment by faouzia | December 2, 2009

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Torture : Quand ça part en vrille lors du Comité préparatoire de la conférence de Durban II entre la présidente Libyenne de la séance et Ashraf el Hagoug Gomma


Vidéo hébergée sur Blip.tv : http://blip.tv/file/2062200/

 
Durban Review Conference
Preparatory Committee

Third substantive session, 15 - 17 April 2009
Palais des Nations in Geneva, Switzerland

3rd Plenary Meeting
Friday, 17 April 2009, 16:15 - 18:00

Chairperson : Najat Al-Hajjaji, Libyan Arab Jamahiriya
Speaker : Ashraf el Hagoug Gomma (for UN Watch)

Source video : http://www.un.org/webcast/
Cropped by Nawaat.org

 

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May 2nd, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Politique internationale, Média, Monde arabe | no comments

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Fallait le dire à ces jeunes qui dansaient au bal de la Soulamiyya ! [vidéo]

F. Fillon :” [s’agissant des problèmes des droits de l’Homme] on en demande plus à la Tunisie qu’à d’autres pays de la région“. Soit Monsieur Fillon !

A présent, il serait bien que Monsieur Fillon, lors de sa prochaine visite en Tunisie, aille expliquer à ces jeunes que l’on voit sur la vidéo que “ceux qui dansent au bal de la Soulamiyya n’ont pas à demander autant que ceux qui dansent au bal musette. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’ils viennent d’une autre région, parlent l’arabe et dans leur écrasante majorité de confession musulmane de surcroît !” Faut pas pousser non plus … même les exigences en matière de respect des droits humains ont des limites à ne pas dépasser.

 


Tant ils se ressemblent, les mêmes jeunes qui dansent au bal musette auraient certainement
hué les paroles de Fillon par solidarité avec leurs “congénères” du Sud !

 

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May 1st, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Tunisie, Politique internationale, Média | no comments

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  1. même pour leurs fêtes, les tunisiens sont habiles avec leurs bindirs. c’est peut-être pour ça aussi :)

    J’arrête l’autodérision et merci pour ces deux vidéos. je pense que c’est une bonne idée si un jour on organise un super bal entre tous ces jeunes en mixant le bindir de la soulamiya avec l’accordéon du bal musette

    Comment by Kamel | May 1, 2009

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Tunisie Censure : De la sanction collective à la sanction judiciaire

 

Rachida Dati
Photo Rue89.com


 

«rachida-la-grosse-pute@wanadoo.com, c’est l’adresse Internet à partir de laquelle [un] informaticien avait écrit à la garde des Sceaux» rapporte France Info. «Rachida Dati avait assez peu goûté l’insulte, et s’était constitué partie civile.» En présence de la victime R. Dati, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé aujourd’hui une condamnation à 1 000 euros d’amende avec sursis.

La différence entre une dictature et une démocratie (aussi imparfaite soit-elle), réside également dans le fait de pouvoir poursuivre les auteurs (et exclusivement les auteurs) des agressions verbales entre autres. Lesquelles agressions peuvent parfois être plus violentes que les agressions physiques.

Dans une dictature à la tunisienne, en matière de liberté d’expression sur internet, on verrouille, on bâillonne et on bloque les sites internet sous le prétexte fallacieux de prévenir les délits. Afin qu’on ne puisse abuser de la liberté, on fait acte de prévention en supprimant ladite liberté de s’exprimer quand bien même en toute violation de la loi. La sanction collective via le blocage par pans entiers de l’internet devient l’instrument idéal pour verrouiller le champ médiatique (YouTube, Dailymotion, etc.). Ce faisant, il n’appartient plus aux juridictions de se prononcer sur le caractère diffamatoire ou pas d’un quelconque propos. C’est la police qui apprécie ce qui peut être dit ou pas. Quand un ministre ment ou commet un abus de bien social, et qu’un citoyen le qualifie de menteur ou de voleur, c’est la police qui intervient pour décapiter le support online où la dénonciation à lieu. Ceci évidemment en violant la loi qui permet à tout citoyen de dénoncer de tels actes en apportant la preuve de la vérité du fait diffamatoire devant un tribunal. Qu’il puisse y avoir des diffamations condamnables par les tribunaux sur internet, nul ne peut le contester. En revanche, seuls les tribunaux ont compétence pour prononcer de telles sanctions. C’est ce que le droit de la République tunisienne prescrit.

A ce propos faut-il insister pour tordre le cou à ce mythe que l’on relaye à satiété concernant le vide juridique en Tunisie pour ce qui est de la diffusion d’écrits et de documents de nature diffamante, outrageante ou portant atteinte à l’ordre public via internet. Il faut être naïf pour croire qu’avec tout l’arsenal juridique que nous avons, de tels excès puissent échapper, « juridiquement parlant », à la compétence de nos tribunaux. Le droit tunisien et notamment les dispositions du code de la presse permettent de condamner, entre autres, toute diffamation dont la vérité du fait diffamatoire ne peut-être apportée, tout comme d’ailleurs de faire retirer sous astreinte tout élément causant un dommage illégitime (illégitime au sens jurisprudentiel du terme) à sa victime, y compris sur un support online. Si le support se trouve hors du territoire tunisien, et étant donnée la nature pyramidale de la responsabilité en matière d’édition et de diffusion, les juridictions tunisiennes peuvent remonter jusqu’à l’ATI pour exiger d’elle de bloquer la source du dommage causé. Bien plus encore, si l’urgence est manifeste et avérée, il est même envisageable de faire sortir le juge de son lit au plein milieu de la nuit pour lui faire faire signer une ordonnance en ce sens.

Il y a quelque mois, j’avoue que j’ai été gêné par les propos de quelques amis indiquant qu’il serait éventuellement normal de reconnaître la censure, et ce, en légiférant afin de l’organiser. Et, qu’au fond, la reconnaissance d’un brin de censure contre la pornographie, la diffamation et tout ce qui peut heurter nos enfants pourrait finalement faire plus de bien que de mal. Et en guise d’argument d’autorité, on mentionne volontiers ce qui se passe sous d’autres cieux, y compris démocratiques. Or de tels propos ignorent souvent que la Tunisie est déjà soumise aux mêmes obligations juridiques que ces pays en matière de garanties judiciaires contre les violences, et ce, quelles que soient leurs formes, verbales ou physiques (1).

Le problème ce ne sont pas les textes qui manquent pour pratiquer la censure ni d’ailleurs la démocratie. Nous en avons trop, plus qu’il n’en faut. Si l’on appliquait les textes existants avec toutes leurs imperfections, la Tunisie deviendrait l’une des plus grandes démocraties de la planète.

A ce jour, aucune faille juridique ne permet la diffusion de documents pédophiles. C’est plutôt l’inverse, tant les sanctions pénales sont lourdes à cet égard. De même, les dispositions en matière de diffamation et de défense de l’ordre public on ne sait plus où les stocker. Par conséquent, nous allons légiférer pour faire quoi ? Peut-être pour protéger le citoyen contre cette censure sauvage alors ? Pourtant, rien dans notre législation actuelle ne confère à une quelconque autorité le droit de censurer arbitrairement les sites des partis politiques, a fortiori, légaux, ni d’ailleurs le blog de Nawaat ou les autres sites tout aussi bâillonnés!

Il faut prendre garde à ne pas tomber dans le piège de la pédophile et de la pornographie. Le problème réside dans l’illégalité de la procédure des blocages des sites et ce quelque soit leur contenu, y compris pornographique. Il est inacceptable que sous prétexte de la nature illégale d’un site que l’on suive une procédure illégale pour le bloquer. Malheureusement, je constate avec regret que même des activistes occidentaux contre la censure tombent parfois dans le piège de la pornographie. Combien de fois ai-je pu lire des propos rapportant des cas de blocage où les auteurs se sentaient presque obligés de parler de pornographie d’une façon bien maladroite. Cherchant à être le plus neutres possible en rapportant de tels cas en Tunisie, ils finissent imperceptiblement à reprendre à leur propre compte l’argument de la pornographie comme une passerelle normale à la censure illégale (2). Par ailleurs, tout aussi agaçant, c’est lorsqu’un cas de blocage toujours aussi illégal se produit et qu’on le justifie par une erreur des serveurs d’une société tierce « Smartfilter ». Que le blocage soit dû à « GorjaniFilter », « CarthageFilter » ou « SmartFilter » cela ne change rien aux données du problème, et la pornographie encore moins à justifier les procédures illégales.

Certes, et comme je l’ai déjà relevé ailleurs, il n’est pas anormal que l’Etat tunisien acquière tel ou tel logiciel de filtrage. Et pour être encore plus clair, il s’agit bien de la capacité de le détenir et non d’en faire un usage sauvage et illégal. Et il y a deux ans, je le répétais dans un article coécrit avec mon ami Sami « on ne nie pas le droit de l’administration tunisienne d’avoir la maîtrise de l’environnement médiatique. Et à la limite, sous de grosses réserves […], nous ne sommes pas loin de penser que la détention des moyens de filtrage, aussi sophistiqués soient-ils, relève pour l’Etat, des nécessités inhérentes à la sécurité nationale. En revanche, l’utilisation et l’usage qui peut en être fait ne peuvent se concevoir sans le cadre impérieux de la loi et sous le contrôle non moins impérieux du pouvoir judiciaire. En somme, que la Tunisie détienne de tels moyens techniques n’est pas en soi choquant, c’est l’usage abusif, sauvage et criminel qui doit être dénoncé et condamné de la manière la plus ferme.»

Et plus concrètement (et à escient, je vais utiliser l’exemple de la pornographie), ça signifie ceci : Tout citoyen, tout créateur tout journaliste doit être en mesure d’identifier la personne ou le service qui décapite un site sous prétexte de contenu pornographique. Il doit pouvoir l’identifier et être en mesure de contester la base légale de ce blocage devant les tribunaux.

D’une part, pour les créateurs et diffuseurs de contenu, et parce que le journaliste peut publier une enquête sur les agressions sexuelles dans les prisons ou la prostitution de luxe dans les hôtels ; le créateur produire une œuvre assez provocante ; et le simple citoyen publier sur son blog ses essais qui ont l’inconvénient de déplaire… il est inacceptable que le blocage pour « contenu pornographique » puisse avoir lieu selon une procédure opaque sans possibilité de recours juridictionnel. D’autre part, pour ceux qui cherchent à accéder à l’information, il est tout aussi inadmissible qu’un bureaucrate censeur décide ce que le spécialiste en obstétrique, le spécialiste en MST ou le chercheur en sociologie des mœurs aient le droit de lire ou pas. De même, il est inacceptable de justifier les dommages causés en se réfugiant derrière les soi-disant erreurs des serveurs alimentant les cribles de SmartFilter et autres logiciels de blocage.

Donc faut-il une loi pour donner les moyens aux justiciables de contester le blocage de leurs sites ou de ceux qu’ils consultent ? Même pas ! Car même si l’ATI nie les blocages en se réfugiant derrière des arguments techniques du côté des providers, cela ne la met - en théorie - nullement à l’abri d’éventuelles poursuites. Que l’ATI reconnaisse ou pas ses actes illégaux, il appartient à l’enquête judiciaire, aidée éventuellement par des rapports d’expertise, de déterminer les responsabilités. C’est ce que fait tous les jours la police judiciaire en traquant les auteurs des crimes et délits qui ne laissent forcément pas leurs cartes de visite sur les lieux de leurs méfaits !

S’il ne s’agissait que de nos libertés fondamentales, de la régulation de l’usage de l’internet, de la préservation de l’ordre public, nous pouvons d’ores et déjà mettre notre législateur au chômage pour au moins 20 à 30 ans. Et tant qu’à faire, nous pourrions allouer les économies de salaire induites au budget de la justice, afin qu’elle veille en toute indépendance au respect de l’application de la loi. Et c’est sur ce plan là que nous avons au moins 20 à 30 ans de retard à rattraper.

 




(1) - Parce qu’il n’appartient à personne de faire l’apologie de la violence et parce que, ne serait-ce que pour se conformer aux dispositions des conventions internationales ratifiées par la Tunisie, il est de l’obligation de l’Etat Tunisien et de sa justice d’intervenir systématiquement pour faire cesser, d’une part, tout acte de violence, et d’autre part, de prévoir des mécanismes permettant à toute victime de poursuivre son agresseur. Les violences par le verbe et par le mot n’ont jamais dérogé à ces principes énoncés. Présentées ainsi, et parce que ces garanties judiciaires, de par leurs fondements, s’avèrent tellement évidentes, il est donc vain de discuter si la censure peut être légalisée ou pas. La question ne se pose même pas. Et c’est d’autant plus absurde, qu’il n’existe aucun pays au monde ne prévoyant de possibilité de recours à ses citoyens contre la diffamation, les outrages et autres agressions de ce type. Et la Tunisie n’y déroge pas.

 
(2) - Juste une illustration à travers l’une des interventions de l’ami Nart sur le sujet : “Tunisia uses SmartFilter to block access to categories of websites, such as pornography, but also adds their own targets, often political web sites, to the blocking lists”.
Cf. “Tunisian journalist sues government agency for blocking Facebook, claims damage for the use of 404 error message instead of 403http://opennet.net/node/950



 
Astrubal, le 29 avril 2009
http://astrubal.nawaat.org/
www.nawaat.org

 

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April 30th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Médias et nouvelles technologies, Tunisie, Média | no comments

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April 25th, 2009 Posted by astrubal | Permalink | Tout le blog, Médias et nouvelles technologies | no comments

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